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mercredi 18 juin 2008

Visez Santé, un label qualité ?

Le programme "Visez santé" est de plus en plus visible dans les publicités à la télévision et le logo du produit apparait aussi sur de nombreux produits. Mais savez-vous vraiment de quoi il s'agit ?

Visez santé est le programme d’information, sans but lucratif, de la Fondation des maladies du cœur. Le symbole de ce programme qui apparait sur les emballages d'aliments et les menus de restaurants signifie simplement que l’entreprise a soumis cet aliment afin de le faire évaluer par les diététistes de la Fondation des maladies du cœur et qu'il respecte des critères nutritionnels établis à partir des recommandations de saine alimentation du Guide alimentaire canadien.

Il s'agit donc pas d'évaluer si le produit est bon ou pas (pas de notion de provenance, de production bio ou non, de présence d'OGM...) mais plutôt de savoir s'il répond aux normes définies (en gras total, en gras saturés, en fibres, en sodium, en calcium, en vitamines et en minéraux, selon la catégorie à laquelle l’aliment appartient). Typiquement les gras trans qui devraient êtres bannis de notre alimentation sont tolérés par le programme à condition de ne pas dépasser 5 % du gras total.

On ne peut être contre la vertu, les grands principes me paraissent tout à fait intéressants. Néanmoins, il est évident que les entreprises agroalimentaires qui utilisent ce logo veulent donner bonne conscience aux acheteurs et nombreux sont ceux qui ne lisent pas les étiquettes des produits plus en détail. Il est dommage que ce programme n'aille pas plus loin en finançant de la recherche, des programmes d'information ou de prévention... Le but du programme est uniquement de s'autofinancer mais que penser quand cela coûte annuellement au maximum 3 625 $ par produit pour utiliser le logo "Visez santé" à de grosses multinationales...

jeudi 13 mars 2008

Bientôt des fermes d'un nouveau genre au Québec ?

Le rapport Pronovost (issu de la Commission sur l'Avenir de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire au Québec) amène des réflexions intéressantes dans la production de produits à haute valeur ajoutée. Il est illusoire de penser que le Québec peut concurrencer sur le marché mondial les produits agricoles les plus communs. L'avenir de l'agriculture au Québec passe aussi, selon moi, par les marchés de niche.
Dans un billet précédent, j'évoquais la problématique de la production de la canneberge, ou il est encore difficile de trouver des produits transformés par des transformateurs à taille humaine, pour le marché de niche des produits gastronomique. Imagiterre l'a bien compris et s'est spécialisé dans la chicoutai il y a quelques années, un produit nordique et peu connu. Le Devoir du 12 mars revient d'ailleurs sur cette nécessité de se spécialiser pour notre agriculture. On y retrouve les points que je défends fermement plus haut :
«C'est impossible, souligne M. Girouard, de lutter contre les agricultures des pays émergents dans la production de masse, comme le poulet ou les oeufs par exemple. On peut, au contraire, diversifier notre agriculture, la spécifier. On se mettrait à l'abri des règles commerciales mondiales, on permettrait un développement régional et on stimulerait les produits de niche, ce qui permettrait à notre agriculture de survivre.»

Autre piste intéressante envisagée par les auteurs du rapport, la question du développement de produits «à valeur ajoutée» est chère à l'organisme Solidarité rurale du Québec. Son président, Jacques Proulx, reprend d'ailleurs à son compte l'exemple donné par M. Pronovost: le sirop d'érable. Le Québec, qui domine haut la main les exportations du précieux liquide sucré dans le monde, gagnerait selon lui à en faire un produit doté d'une certaine image de marque, à l'instar de ce qui se fait pour l'huile d'olive dans d'autres pays.
Cette valeur ajoutée sur certaines de nos productions pourrait être renforcée encore par des labels ou appelations d'origine, qui peinent toujours à faire leur entrée au Québec !

mercredi 20 février 2008

Le Québec trop américain pour les appelations contrôlées ?

Dans son article pour AgriHebdo, un hebdomadaire agricole de la Suisse Romande, Annie Morin pense que les Québécois sont trop américanisés pour s'intéresser aux AOC.
Reprenant les paroles du ministre Laurent Lessard et un article de cyberpresse, elle écrit en introduction : Au Québec, les appellations réservées des produits du terroir (AOC, IGP) suscitent une forte méfiance, tant chez les producteurs que les transformateurs. Esprit individualiste et concurrence priment.
Mais les agriculteurs et les transformateurs se méfient les uns des autres, se sentent menacés par les démarches de reconnaissance.
Des stagiaires français ont aussi constaté que les producteurs québécois ne sont pas toujours conscients du lien qui les unit au territoire, un préalable incontournable pour décrocher une appellation réservée.

La récente commission sur l'Avenir de l'AgroAlimentaire a d'ailleurs proposé plusieurs idées pour faciliter la reconnaissance des produits des terroirs et les appelations d'origine.

 
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