Fixer un prix raisonnable à un produit

J’ai annoncé il y a quelques jours sur Twitter avoir reçu des produits des jardins de Métis. J’ai évidemment choisi de distribuer ces produits en partie sur l’image véhiculée par les jardins de Métis au Québec. C’est un atout majeur dans la commercialisation du produit, ne nous le cachons pas. Une revue papier de la presse féminine souhaitait d’ailleurs aussitôt en parler pour Noël, mais les produits sont arrivés trop tard…

Je l’avoue, je n’ai pas étudié attentivement la grille tarifaire, le prix d’achat et le prix de vente habituel du produit. Je ne tiens généralement pas compte du prix de vente en boutique des produits, car les contraintes sont différentes sur le web pour moi (surcoût pour le suremballage et frais élevé de Postes Canada).

En calculant le prix que je devrais vendre la confiture de petites fraises au basilic citronné, je me suis aperçu qu’il s’agissait d’un prix ahurissant pour une confiture. Les confitures les plus chers que je vends actuellement sont les confitures de Simon Turcotte, artisan confiturier. Ce sont des confitures haut de gamme, préparées en petite quantité, avec des produits sélectionnés avec soin et de larges morceaux dans la confiture. Le pot de 190ml est vendu actuellement 8.25$. De nombreux clients commandent ces confitures en quantité et adorent la qualité des produits. Il y a donc un marché de niche à la confiture haut de gamme.

Essayons un petit calcul ensemble. J’ai commandé une caisse de 12 confitures, coût de la caisse 114$. J’ai payé environ 11$ de frais de transport pour recevoir les produits. Ceci nous donne un cout total unitaire d’environ 10.40$. Le prix de vente à l’unité aux jardins est de 11$. Hors frais d’exploitation du site (hébergement, nom de domaine…), je paye en plus 29 cents par paiement carte de crédit + 2.5% ainsi que les frais de port gratuit à partir de 39$ d’achat. Si je vends 4 pots et que les frais de port sont à 9.5$ (prix moyen chez Postes Canada pour une livraison à Québec par exemple), je dois vendre le pot 13.17$ ( ((((4 x 10.4) + 9.5) *1.025) + 0.29) /4… Et dans ce cas, je ne fais aucune marge, je n’inclus pas le temps, la préparation et le coût du colis et je prie pour que le client ne se trouve pas en région éloignée et que Postes Canada ne me facture pas 11$ de port (ça arrive régulièrement).

Disons donc que, royalement, je me permets un prix de 14.9$, êtes vous prêts à payer 14.90$ pour un petit pot de confiture même s’il vient des jardins de Métis ? Pensez vous que si vous offrez pour Noël 3 pots de confiture (soit un cadeau de 45$), le destinataire pourra s’imaginer qu’il reçoit un cadeau d’une telle valeur ?

Alors, s’il vous plait, dites moi si le prix de 14.9$ vous parait raisonnable, et si vous seriez prêts à payer ce prix là ? Est ce que ma marge est réellement trop élevée ou si le prix des jardins de Métis est finalement un peu trop élevé pour les distributeurs ?

7 Comments Posted

  1. Ta marge serait donc de 1,73$ sur ce pot de confiture que tu vendrais à 14.90$, si j’ai bien compris… Il reste à espérer que les autres produits que le client achète en plus soient plus rentables!!

    Objectif d’une boutique en ligne : Avoir certains produits de qualité pour attirer le client sans lui faire peur avec un prix trop élevé…

    Le commerce en ligne n’est pas si évident que ça !

  2. C’est un sapré dilemme en effet, et je trouve merveilleux que tu prennes le temps de nous faire découvrir l’envers de la médaille, avec autant de transparence!

    Je comprends le prix fixé par les Jardins (ce sont quand même des fraises sauvages), et le tiens… par contre, c’est certain qu’à 15$, je ne me les paierai jamais. Mais malheureusement, à 13,17$ non plus! Même pour un cadeau, au-delà de 10$, je trouve que ça fait cher le petit pot de confiture. Mais bon, je ne suis pas nécessairement le public-cible: j’ai toujours tendance à essayer de faire les choses moi-même au lieu d’acheter… 😉

    Sur ce, bonne réflexion à toi!

  3. @Caroline : non ma marge serait de 4.50$ si je le vends à 14.90$. Après le profit serait à calculer avec le cout de l’envoi, donc différent à chaque commande.

    @Martine : merci pour tes bons mots. Le problème aussi est de savoir si on n’effraye pas les clients en essayant de leur vendre 14.90$ un pot de confiture… Il se joue de la crédibilité de la boutique sur tous les produits. D’accord pour le côté fraise sauvage, mais je crois que la confiture de bleuet je l’achète un peu plus de 7$.

  4. Je trouve que le Jardin de Métis vends trop cher ces pots de confitures, même pour donner à une maniaque de jardinage qui trippe sur le beau Alexander Reford des Jardins de Métis, c’est payer trop cher mais il semble bien que sur le site du Jardin de Métis, ils profitent de la visite extérieure (vrais touristes hors pays) pour vendre leur produit bien cher… Le vrai jardinier québécois va repartir de là avec un sachet de semences de pavots bleus à 5$ à la place… car c’est rare et un défi à faire pousser chez soi… plus que des confitures que beaucoup de jardinières cuisinent elles-mêmes.

    C’est vrai, qu’il y a un marché pour les produits du terroir mais peut-être si tu ajoutais un plus value (la recette attachée au pot), ça pourrait tenter plus le client. Ou tu pourrais faire descendre le prix en t’arrangeant pour que quelqu’un du Jardin de Métis vienne te porter les pots (tu sauverais les frais de transport) car prends Alexander Reford, il se promène au Qc pour des conférences durant l’année.

  5. Très intéressant cet exposé sur la politique de prix. Comme la majorité des entreprises, vous fixez le prix en fonction de vos coûts de reviens. Il y a d’autres façons de procéder. On peut fixer le prix en fonction de la valeur que le client perçoit. Bien sûr, si on reste dans les confitures l’élasticité des prix est limitée. Pour augmenter cette élasticité, il faut vendre, outre le produit, de l’érudition, son branding, un emballage et répondre à un besoin d’achat différent du produit.

    J’ai écrit quelques chroniques à ce sujet. Vous pouvez les consulter :  » L’élasticité des prix » http://www.dixitlecoach.ca/chroniques/L_elasticite_des_prix.html
    et :  » Vendez de l’érudition « 
    http://www.dixitlecoach.ca/chroniques/Vendez_de_l_erudition.html

    Bien sûr il y a des limites et c’est possible que vous ne puissiez augmenter en pratique le prix de vente pour les produits dont vous parlez, mais en théorie ça pourrait être possible. Auprès d’une autre clientèle probablement, ou pour un autre usage.

  6. Merci de ce commentaire. Les articles sont très intéressants mais comme vous le dites dans les confitures l’élasticité des prix est limitée.
    Un autre élément selon moi est la perception générale du client. S’il trouve qu’un prix lui semble beaucoup trop élevé (par rapport à ce qu’il connait), le risque est qu’il pourrait penser que tous les autres prix sont trop élevés et donc s’éloigner de la boutique…

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